Sport: plaisir ou compétition ?

Lorsque j’ai débuté ma pratique sportive à Dublin, il y a maintenant 2 ans, j’ai aussi suivi de nombreuses sportives sur les réseaux sociaux. C’était pour moi une façon de rejoindre une communauté dédiée à une passion commune, de trouver la motivation, partager mes courses et mes questions. Je me suis ainsi créée une bulle, hors de mes amis habituels qui ne comprennent pas forcément cet univers.

C’est aussi de cette façon que je me tiens au courant des sorties organisées sur Paris. Et je me rends compte qu’au final, le monde des coureurs est assez petit, même à Paris, car je rencontre souvent les mêmes visages !

Aujourd’hui, j’ai le sentiment que deux profils se distinguent parmi les sportives (je parle au féminin car je suis essentiellement des femmes sur les réseaux sociaux).

Il y a celles qui suivent des plans d’entraînement et exhibent fièrement leur chrono sur les réseaux sociaux, et celles qui, au contraire, revendiquent ne pas chercher la performance mais prendre du plaisir avant tout.

Pendant très longtemps, je n’ai pas confronté ces deux notions: la compétition et le plaisir allaient ensemble. Avoir un plan d’entraînement ne me choquait pas, et ne me choque toujours pas. Je ne l’associe pas à une quelconque rigidité. Faire des séances de fractionnés ne me rebutent pas, au contraire, je les pratique en groupe, ce qui est très ludique.

Cependant, j’avoue avoir parfois du mal avec cet esprit de compétition, de comparaison et de « RP » (record personnel).

Si j’ai moi même eu des objectifs de temps, je suis aujourd’hui dans une phase où j’envisage le sport de façon plus « détendue ». Je ne compte pas mes sorties hebdomadaires, je ne me force pas à sortir, j’en ai envie quand j’en ai envie. Je ne dis pas que je ne me fixerai plus d’objectifs, je crois d’ailleurs que je me ferai un plan d’entraînement pour mon prochain semi marathon (date pas encore fixée!).

Cependant, je pense avoir trouvé un meilleur équilibre, j’ai des loisirs différents et je n’ai plus le temps ou l’énergie de tout consacrer à la course à pied.

De plus, je me suis blessée suite à un entraînement un peu trop musclé, ce qui m’a aussi incitée à baisser le rythme.

Aujourd’hui les « tu as mis combien de temps? » « c’est quoi ton objectif? » me désespèrent profondément. Je me contente en général d’annoncer un temps quelconque, pour faire plaisir à mon interlocuteur et le laisser songer à ma future performance, voire même vérifier après la course que je l’ai bien atteinte (ou que je ne l’ai PAS atteinte : avouez que c’est encore plus jouissif quand le coureur fait bien en dessous de son objectif ! ^^ Alàlà il doit se sentir mal !!! — Je plaisante)

J’ai donc un tout nouveau regard sur la pratique du running et je trouve certaines remarques de runneuses difficiles: certaines sont « déçues » de ne pas avoir fait tel ou tel temps, ou bien constatent avec désespoir que leur niveau a baissé… J’ai longtemps admiré les coureuses qui battaient des records: lorsqu’elles étaient toujours meilleures, tout allait bien. Mais dès que la forme baisse, les messages négatifs (de elles mêmes à elles mêmes) se multiplient. Et là, je me dis que la compétition a des limites.

Le sport, c’est un loisir, nous le pratiquons sur notre temps libre qui est si précieux…Je trouve dommage de le gaspiller à s’auto flageller pour quelques minutes… Qu’est ce que cela représente dans une vie ? C’est l’expérience de la course qui compte,  les gens que l’on a rencontré, ce que l’on a ressenti dans l’ambiance, sous le soleil ou dans le froid, la musique qu’on a entendu tout le long du parcours, le petit garçon qui a crié notre prénom pour nous encourager…

De plus, nous sommes dans une société où nous sommes tout le temps notés, comparés (même votre chauffeur Uber vous donne une note!). Alors est-ce qu’on peut raisonner plus sainement, et vivre des expériences sans devoir absolument exceller? Les personnes obsédées par la performance devraient chercher le problème autre part: qu’a-t-on à prouver ? A qui ?

Ainsi, j’ai découvert l’autre « catégorie » de runneuses, qui affichent clairement qu’elles ne recherchent pas la performance. Cela ne veut pas dire qu’elles ne se surpassent pas, elles ont d’ailleurs de sacrées courses à leur compteur (et même de sacré temps). Seulement, elles transmettent avant tout une joie de vivre autour du sport, ce qui est très rafraîchissant!

Pour finir ce long article, voici une petite sélection de bloggeuses ou instagrameuses très inspirantes:

Amélie Tauziede, qui ne publie jamais ses temps volontairement.

La Penderie de Chloé, dont l’auteure a créé l’association Happy Running Crew, qui réunit des coureurs qui pratiquent avec le sourire! Je vous conseille de lire ses FAQ running, où elle explique bien pourquoi elle se fiche de son temps aux courses.

Marine Leleu, qui transmet une énergie positive dingue. Elle a déjà plusieurs Iron Man à compteur..!

Anne Dubndidu: elle met en avant le plaisir avant la performance, et donne beaucoup de conseils aux débutants. Elle a avant tout un esprit de coach, et n’est pas auto-centrée sur ses propres chrono.

Encore une fois, ces sportives ont des parcours sportifs très impressionnants, elles font des performances mais n’en font pas leur raison de vivre.

Que pensez-vous de l’esprit de compétition ? 

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